SOUS PRESSION

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En avant marche ! Droite gauche, droite gauche, droite gauche. Tout le monde en cadence ! Députés godillots et politiciens qui retournent leur veste plus vite que leur ombre, médias aux ordres et parti unique, casse sociale et république de plus en plus répressive prête à accueillir n’importe quel dictateur, le patronat au pouvoir se moque de la démocratie pendant que le peuple sans espérance reste à la cave contempler les ruines de ce spectacle où la caricature est devenue la norme.
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Le roi marketing est un vendeur de lessive avec phosphate et il rit … droite gauche, droite gauche, droite, droite, droite … attention: dangers !

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CELLULE 415 VERROU 23

J’ai accolé un numéro à mon nom pour me fondre dans la masse mais ça n’a pas fonctionné. Ils m’ont retrouvé.

Depuis ils ne cessent de me harceler. Ils veulent toutes sortent de numéros : en dollars ou en euros, d’identifiant ou de code secret, d’allocataire ou de compte de numéros. Je ne comprends rien à leur mathématique. Je leur donne des « plusses » et ils me rendent toujours des moins. Alors je cours pour faire du chiffre : une sorte de course de fonds à la recherche du nombre d’or. J’additionne et multiplie les petits riens pour former un grand tout mais les totaux sont inégaux.

Il doit bien y’avoir une sortie quelque part. Les numéros doivent avoir une fin, je n’imagine pas qu’il puisse en être autrement.

LES GUEULES ENFARINÉES

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Nous sommes les miséreux, les rouges, les bougnoules, les trop blancs, les jaunes, les negres, les déshérités, les quartiers sensibles, les sauvageons, « les humiliés de la vie ». Chaque jour nos rangs grossissent. Nos bataillons sont gigantesques.

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« oh, vous savez je ne fais que mon travail » dit elle en nous écrasant la gueule dans le caniveau de sa botte cloutée. Elle a une matraque et une casquette. Elle n’en voulait pas mais elle a peur de nous rejoindre. Elle s’est soumise contrainte et forcée. Elle souffre tout comme nous et nous désarme par sa ressemblance.

Au dessus d’elle, de matraque en taser, de casquette en képi, il y’a le cravaté. Il s’affiche grand sourire sur nos murs, sur nos écrans, sur nos journaux que nous n’achetons plus. Il prône le malheur, l’austérité, les vertus de la pauvreté généralisée tout en se servant allègrement dans la caisse publique. Il a un château dans la sarthe et un compte en banque avec des tas de zéros. Il fait des courses de voitures et des conférences au katar mais ne connait pas le prix d’une baguette.

Je suis une poussière de la cinquième puissance mondiale et aujourd’hui mon frigo est vide …


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UN DIEU MILLES MAITRES (dédicace aux arrivistes de tous étages)

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On aurait qu’à dire que j’étais archi-célèbre. Vous viendriez me
courtiser. Vous ramperiez me léchant les ongles des pieds et vous
mouillerez dans votre petite culotte pour un simple regard de ma part.
Vous vous battriez entre vous pour avoir l’honneur d’être assis à ma
droite. Ça m’amuserait beaucoup et j’y prendrai un plaisir non
dissimulé. Je sur-jouerai l’humilité et vous remercierai de m’aduler. Je
le mérite tant. Tous mes mots deviendraient exquis. Je ne serai plus
jamais un imbécile. Je serais Celui qui est en haut.

 

En attendant
ce terminus flagorneur, je me demande combien de queues vérolées il va
falloir encore que j’embouche goulument pour sortir la tête de cet océan
de morts anonymes.

OOO

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